Je suis là.

Je regarde ce petit garçon qui est mien s'agiter un peu trop. Je caresse ce ventre encore bien timide et pourtant rempli de belles promesses. Et je m'interroge. Quels sont mes rêves ?

Quatre matin sur sept, il y a cette course. Quatre matins sur sept, il y a ce déchirement, ces pleurs. Quatre matins sur sept, il y a tout ce temps perdu en voiture. Puis viennent ces longues journées à ne rien faire, à s'ennuyer. Répondre au téléphone, répondre aux mails, tenir à jour la comptabilité, faire semblant de travailler...

Je rêve d'une vie plus douce.

Il y a aussi cette maison un peu trop encombrée qui m'empoisonne. Il y a ce couple qui s'oublie, au bord de la rupture.

Et si je disais stop ? Pour certains, c'est utopiste. Pour d'autres, complètement réalisable et réalisé. Ne plus travailler ? Non. Mais, travailler moins, plus près et faire quelque chose en accord avec ce que je suis, ce que j'ai envie ? Oui ! Il grandit et j'en oublie la moitié. Il grandit et je ne suis pas là. Je suis trop absorbée par ces miettes sur la table, ce sol qui colle, ces tâches sur le canapé, par la fameuse question "qu'est-ce qu'on mange ?", par tant de choses. Et le temps file. Il coule entre mes doigts sans que je ne parvienne à le retenir.

Je le vois s'énerver un peu trop fort, un peu trop souvent. Je me vois m'énerver un peu trop fort, un peu trop souvent.

On me parle d'organisation, de positivisme quand moi, je ne rêve que de changement de vie, radical. Partir en vadrouille et se laisser porter. Vivre avec moins, vivre avec mieux. Ne se nourrir que des rencontres et surtout de (beaucoup) d'amour. Apprendre de la vie, des gens. Se débrouiller. Faire des petits boulots. Se créer une parenthèse.

Je rêve d'ailleurs.